Notre vision de la recherche
Une recherche transformatrice et émancipatrice
Une recherche pour nourrir le changement
La recherche est un outil pour construire une compréhension collective des réalités vécues et contribuer à leur transformation. La recherche-action participative permet de faire de la recherche un espace de croisement des regards et d’expérimentation : collectivement on observe, on partage des points de vue, on analyse, on essaie, on ajuste, on apprend... Les savoirs produits sont directement mis à l’épreuve de l’action et peuvent contribuer à faire évoluer les pratiques et les organisations sociales et politiques. Ils comptent tout autant que la démarche de recherche-action en elle-même, qui produit des transformations concrètes aux échelles individuelle, collective et locale.
Une recherche pour lutter contre les injustices
Les savoirs ne sont pas neutres : ils sont produits à partir de situations, d’expériences et de rapports de pouvoir situés. En s’inspirant des approches radicales, féministes et décoloniales de la recherche, nous considérons ainsi la production de savoirs comme un possible espace d’émancipation. La recherche peut contribuer à rendre visibles les mécanismes qui produisent les inégalités et oppressions, mais aussi permettre aux personnes qui les vivent de mieux les comprendre et de renforcer leur pouvoir d’agir pour y faire face.
Cette perspective nous conduit à accorder une attention particulière aux personnes dont les savoirs, expériences et points de vue ont historiquement été marginalisés. Ainsi, il ne s’agit pas seulement de leur donner la parole, mais de reconnaître leur vécu comme une ressource nécessaire pour comprendre et lutter contre les injustices.
Voir l'article Recherches participatives et épistémologies radicales : un état des lieux (Godrie, Juan, Carrel, 2022)
Le cadre éthique de notre recherche
Nous appréhendons ainsi la recherche-action participative comme un dialogue entre des connaissances scientifiques et des savoirs issus de l’expérience, du terrain, des pratiques professionnelles ou encore des trajectoires de vie. La recherche devient un processus collectif dans lequel les rôles, les responsabilités, les bénéfices financiers et symboliques, et plus généralement le pouvoir, sont partagés. Nos tiers-veilleuses nous aident à garantir ce cadre de recherche.
Enfin, pour produire de la transformation sociale, les résultats de la recherche doivent être accessibles à tous.tes celles et ceux qui y ont pris part. Les productions finales ne se cantonnent donc pas seulement à des articles scientifiques mais peuvent prendre des formes variées : exposition, podcast, émission de radio, pièce de théâtre, récits, images...
Les recherches participatives sont confrontées à "l'épreuve du politique". Elles ne sont pas seulement des méthodes mais des pratiques politiques chargées de conflits, d'enjeux d'émancipation ou de reproduction des dominations.
Pour en savoir plus sur les recherches participatives à l'épreuve du politique, voir cet article de Maïté Juan.
Notre principale thématique de recherche
Démocratie alimentaire & communs de l'alimentation
Nous expérimentons et interrogeons des dispositifs d'accès à l'alimentation, notamment les manières dont ils :
- travaillent les enjeux justice sociale en cherchant à reconnaître les injustices (socio-économiques, culturelles ou symboliques) subies au sein du système alimentaire (par les personnes précaires, les personnes racisées, les femmes, certains producteur·rices...) et cherchent à y répondre, par la redistribution des ressources et les changements de pratiques et de représentation ;
- permettent aux habitant·es et acteur·rices, notamment les plus vulnérables et invisibles, d'exercer leur pouvoir de décision sur la façon dont iels veulent que leur alimentation soit produite, transformée et accessible, en dialogue avec les acteur·rices du système alimentaire et les pouvoirs publics ;
- créent de nouveaux espaces d'action collective, de participation, de solidarité et de convivialité entre mangeur·ses, entre voisin·es, avec les acteur·rices du système alimentaire ;
- agissent sur l'accessibilité et les pratiques alimentaires dans une perspective de droit à l'alimentation ;
- inventent de nouveaux modes d'organisation s'inscrivant dans une démocratie alimentaire, qui instituent des communs de l'alimentation, permettant d'imaginer une Sécurité sociale de l'alimentation.
Les dynamiques collectives dans et avec lesquelles nous travaillons ont pour point commun de ne plus considérer l'alimentation comme une simple marchandise, mais comme un bien commun autour duquel forger un nouveau contrat social. Nous nous intéressons à leurs effets, à leur mode d'organisation et à leur portée instituante.